Télécoms et empreinte carbone : l'angle mort des stratégies RSE

Lorsqu'une entreprise lance sa démarche RSE, elle commence généralement par les mêmes éléments :
- les voyages d'affaires,
- la consommation énergétique des bâtiments,
- parfois la chaîne d'approvisionnement.
C'est logique. Il s'agit des émissions visibles, celles que vous ressentez et que vous comprenez intuitivement.
L'utilisation du numérique mobile, en revanche, reste dans l'angle mort. Personne ne « voit » les émissions d'un appel téléphonique, d'un parc de 300 smartphones ou des réseaux transportant des millions de points de données chaque jour. Ce que vous ne voyez pas, vous ne le mesurez pas. Et ce que vous ne mesurez pas, vous ne pouvez ni le réduire ni en tirer parti.
Pourtant, les télécommunications constituent une catégorie d'émissions réelle et documentable, une catégorie qui est de plus en plus attendue dans les rapports sérieux sur les émissions de carbone. L'ignorer aujourd'hui, c'est produire un rapport incomplet, et passer à côté d'un levier d'action concret.
Le numérique mobile : l'élément oublié de l'empreinte carbone
Le secteur numérique dans son ensemble représente entre 3 et 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (Shift Project, 2023). Une part croissante, portée par la multiplication des usages et des appareils. Pourtant, dans les rapports des entreprises sur les gaz à effet de serre, ce sont presque toujours les centres de données et les serveurs qui attirent l'attention. L'utilisation de la téléphonie mobile et les réseaux de télécommunications restent largement invisibles.
Plusieurs raisons expliquent cet angle mort. Tout d'abord, la complexité de la mesure : l'empreinte d'un appel téléphonique dépend de l'appareil, du réseau, de la durée et du type de données échangées. Ensuite, la dispersion des données : elles sont détenues par l'opérateur, rarement partagées de manière structurée avec les clients professionnels. Enfin, l'absence d'obligations réglementaires spécifiques jusqu'à récemment, qui a facilité le report de l'émission.
Ce report touche à sa fin.
Quelques données sur l'impact d'une flotte mobile pro
La fabrication d'un smartphone représente entre 70 et 85% des émissions totale de l'appareil sur l'ensemble de son cycle de vie, selon l'ADEME. Pour un parc de 200 appareils renouvelés tous les deux ans, cela représente entre 4 et 8 tonnes d'équivalent CO2 par an, provenant uniquement de la fabrication, sans compter la consommation du réseau ou l'élimination en fin de vie.
À titre de comparaison, cela représente l'équivalent de 20 à 40 vols aller-retour entre Paris et New York. Une rubrique que peu d'entreprises penseraient ignorer dans leurs rapports sur les transports, mais qui est pourtant absente de la grande majorité des empreintes carbone numériques.
C'est précisément pourquoi Un1ty propose à ses clients des flottes d'appareils reconditionnés, reconditionnés en France par les partenaires de l'ESAT. Choisir un appareil reconditionné plutôt qu'un appareil neuf, c'est éviter la majeure partie de ces 40 à 80 kg de CO2 au moment de l'achat, sans aucune modification en termes d'utilisation ou de performances. Pour une équipe RSE qui construit son reporting, il s'agit d'une action immédiatement quantifiable et déclarable.
Les télécoms et le scope 3 des émissions : ce que dit la réglementation, ce que font les entreprises
Le scope 3 du bilan carbone couvre les émissions indirectes liées à la chaîne de valeur d'une organisation, à la fois en amont et en aval. Il s'agit généralement de la catégorie la plus large et la plus difficile à cartographier : elle représente en moyenne 70 à 80 % de l'empreinte carbone totale d'une entreprise (GHG Protocol).
Les télécommunications relèvent de plusieurs catégories du scope 3.
- La fabrication et le transport d'appareils mobiles relèvent de la catégorie des « biens et services achetés ».
- La consommation d'énergie des réseaux utilisés relève des « activités liées à l'énergie non incluses dans les scopes 1 et 2 ».
- La gestion de la fin de vie des appareils relève de la catégorie des « déchets générés dans le cadre de l'exploitation ».
Avec l'entrée en vigueur progressive de la directive CSRD, les grandes entreprises européennes sont désormais tenues de documenter et de publier en détail leurs émissions de scope 3. Les entreprises de taille moyenne suivront dans les années à venir. Ce changement réglementaire transforme ce qui était autrefois « agréable à avoir » en une obligation de conformité.
Pourtant, pour documenter son périmètre télécoms 3, une entreprise a besoin de données que seul son opérateur détient. C'est là que la nature de la relation avec l'opérateur change fondamentalement.
Du fournisseur au partenaire de mesure
Un opérateur de télécommunications standard fournit une facture, un SLA et un service client. Un opérateur engagé dans une approche RSE fournit également des données d'impact exploitables : consommation du réseau par utilisation, estimations des émissions de la flotte, indicateurs du cycle de vie des appareils, informations sur les canaux de recyclage.
Cette capacité à fournir des données fiables et structurées fait d'un opérateur un partenaire de mesure plutôt qu'un simple fournisseur de connectivité. Pour une équipe RSE ou informatique qui a besoin d'alimenter les rapports CSRD, cette différence est extrêmement importante.
Chez Un1ty, cet engagement prend également la forme de dons de données : à chaque abonnement souscrit, les données sont reversées à des associations partenaires afin de réduire la fracture numérique. Il s'agit d'une action traçable et déclarable en matière de RSE qui s'inscrit dans la dimension sociale des engagements extra-financiers, sans aucun effort supplémentaire de la part du client.
Télécoms et RSE : Pourquoi les services informatiques sont en première ligne
Le service informatique est souvent chargé de gérer le parc d'appareils mobiles, de négocier les contrats des opérateurs et de suivre les indicateurs de performance du réseau. Il est donc naturellement positionné pour être en tête de l'empreinte carbone des télécommunications de l'organisation.
Mais dans la plupart des entreprises, l'informatique et les RSE fonctionnent en silos. L'informatique optimise les coûts et les performances techniques. Le service en charge de la RSE élabore des rapports environnementaux. Les deux services convergent rarement sur le thème des télécommunications, même si ce sont précisément leurs données combinées qui permettraient de réaliser un bilan carbone complet.
Réunir ces deux domaines autour d'un objectif commun, à savoir réduire et documenter l'empreinte des télécommunications, est l'une des mesures organisationnelles les plus simples et les plus efficaces que les entreprises engagées peuvent prendre à court terme.
Trois questions à poser dès maintenant à votre opérateur
Si votre organisation développe ou consolide son empreinte carbone, voici trois questions concrètes à poser à votre opérateur actuel :
- Êtes-vous en mesure de fournir une estimation des émissions de CO2 liées à l'utilisation de notre flotte et de notre réseau, par période ?
- Quelle est votre politique en matière de remise à neuf et de reprise des appareils en fin de vie ?
- Quelle part d'énergie renouvelable alimente l'infrastructure de votre réseau ?
Si les réponses sont vagues ou inexistantes, cela indique clairement la maturité de votre partenaire télécoms en matière de RSE et les limites de votre propre capacité à produire un rapport complet sur le scope 3.
Intégrer les télécoms dans le rapport RSE : un avantage concurrentiel sous-estimé
Au-delà de la conformité réglementaire, la documentation et la réduction de votre empreinte télécoms offrent un réel avantage de positionnement. Les entreprises qui incluent cette catégorie dans leur rapport RSE sont toujours minoritaires. Être parmi les premiers à le faire est un signal fort de rigueur et de cohérence environnementale, tant pour les investisseurs que pour les grands comptes comme pour les employés.
En pratique, l'intégration des télécoms dans un rapport RSE peut prendre plusieurs formes :
- publication du nombre d'appareils en circulation, du taux de remise en état et de la durée de vie moyenne de la flotte ;
- estimation des émissions du scope 3 liées à l'utilisation du mobile ;
- référencement des engagements contractuels pris avec l'opérateur sur ces sujets.
Aucune de ces actions ne nécessite des ressources importantes. Toutes nécessitent un opérateur qui joue son rôle et fournit les données nécessaires.
Ce qu'il faut retrenir
Les télécommunications ne sont pas nécessairement un angle mort. Ils sont dus à l'habitude, au manque de données accessibles et à l'absence de dialogue entre l'informatique, les RSE et les opérateurs.
Ces trois obstacles sont surmontables. Et les entreprises qui les surmontent les premières ne se contentent pas de produire un meilleur bilan carbone : elles établissent une relation plus exigeante avec leurs fournisseurs, un cadre de reporting plus solide et une cohérence environnementale qui se voit.
Chez Un1ty, ces engagements ne sont pas des promesses de page d'accueil. Les flottes rénovées en France par les partenaires de l'ESAT réduisent l'empreinte carbone au moment de l'achat. Les gigas non consommés transformés en dons auprès d'association permettent d'engager les équipes de nos clients dans les actions RSE. Et les données d'impact fournies à nos clients leur permettent de documenter sérieusement, et non de manière approximative, leur domaine de télécommunications 3. Ce sont des actions qui comptent dans votre rapport RSE et dans le nôtre.
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